Cet article résume l'aboutissement d'un projet personnel qui a fortuitement démarré en l'an de grâce 1975.
Par un beau matin d'avril de cette année là, je débarquais à BREGANZE pour visiter la nouvelle usine LAVERDA, située dans la zone industrielle de cette charmante localité non loin de VENISE.
Apres une visite de l'usine, nous étions invités à déjeuner au restaurant d'entreprise en compagnie de la direction représentée par Massimo LAVERDA et de tous les formidables salariés, qui contribuaient à donner à cette entreprise ce charme familial si particulier, si attachant. Par leur travail, ils donnaient vie à aux plus belles motos de cette époque... en toute objectivité bien-sur 😆!!!
Ayant dans l'idée (saugrenue) de transformer ma 750 SF en SFC Replica, je me suis rapproché des gens qui géraient les stocks afin de commander les articles nécessaires à cette transformation... cosmétique. Quand au hasard de mes pérégrinations dans l'usine, j'apperçu dans un coin les silhouettes de plusieurs SFC qui sortaient de fabrication et qui avaient un carter gauche que je n'avais encore jamais vu...
| Le Graal absolu |
Renseignements pris il s'agissait de la première série des 750 SFC "Elettronica" en attente d'expédition. Le nec plus ultra, le Graal absolu.
Le coup de foudre fut immédiat évidemment et aussitôt direction le magasin pour commander l'essentiel des pièces moteur qui caractérisaient ce nouveau modèle. Culasse avec choix des arbres à cames (C6), diamètre des pistons, carters spécifiques, échappement racing, nouveaux carburateurs Dell'Orto conformes aux spécifications demandées par son pilote usine, LE charismatique et légendaire... Signore Augusto BRETTONI.
Le temps de régler la note particulièrement douloureuse vous vous en doutez et me voilà essayant de caser dans mon Alpine si exiguë, tous ces trésors particulièrement fragiles et encombrants pour un tel véhicule...
A mon retour à la maison, j'ai immédiatement entrepris le démontage de ma SF pour la transformer en "bête de course"... et c'est là que l'histoire commence vraiment. C'est à partir de ce moment là que j'ai compris que l'on ne transforme pas un âne (que j'adore ô combien) en cheval de course. Dans ma candeur juvénile d'alors, j'imaginais la transformation assez aisément. J'ignorais encore que plus de 500 pièces différenciaient une SF de base de sa majesté SFC, et surtout une Elettronica.
Me voilà aujourd'hui, plus de 50 ans après, toujours avec mes pièces neuves sur les bras, conservées comme de pieuses reliques. Mais la motivation est inchangée, la passion toujours intacte et une disponibilité qui favorise la reprise de ce projet d'une vie...
Alors allons-y.... ANDIAMO !
Au fil des décennies le projet à naturellement murit. L'objectif initial de faire une SFC Replica, (devenue de plus en plus galvaudée), à évolué également. Avec un moteur aussi exceptionnel, il m'est apparu souhaitable d'ouvrir une voie parallèle. Ayant eu la chance de pouvoir acquérir une véritable SFC de première genération, je ne pouvais plus m'orienter vers une pâle copie de cette icône des seventies.
Mon ami Marnix, "LE" spécialiste mondial des LAVERDA SFC, propriétaire entre-autres d'une SFC-EGLI, qui évoluait avec cette machine sur les circuits que nous fréquentions ensemble jadis, me donna l'idée de contacter Fritz EGLI en Suisse, pour obtenir un cadre de sa fabrication. Trop tard, Godet avait repris la licence pour perpétuer la légende des 1000 VINCENT-EGLI sous la férule de Florent PAGNY. Je me retournais alors vers un "voisin" Nantais ; Georges MARTIN, qui fabriquait également ce type de châssis, mais sans possibilité de conclure un deal acceptable.
Piero LAVERDA me donna alors l'adresse d'un artisan italien avec lequel il travaillait déjà. L'affaire fut conclu et un an plus tard, je recupérais un cadre-poutre Type EGLI dans son atelier. Sans vouloir paraitre trop exigeant (quoique...), le travail n'était pas vraiment à la hauteur de mes espérances. Le montage du bras oscillant sur bagues Teflon n'était pas satisfaisant. Heureusement un sous-traitant des chantiers de l'Atlantique à SAINT-NAZAIRE possédait une machine pour usinage CNC 5 axes et pu remettre les alignements en place avec la colonne de direction.
Le vilebrequin Elettronica particulièrement allégé est monté avec des bielles Carillo par Wolfgang HAERTER au Canada, et équilibré dynamiquement par Dynamequil en Belgique, le spécialiste des moteurs racing...de plusieurs LAVERDA SFC aux moteurs V12.
Une petite pause, façon de parler, s'impose pour adapter un pignon de sortie de boite spécifiquement modifié pour entrainer une chaine 520. Montage "gras dur" obligatoire, ce qui est très loin d'être le cas pour l'instant afin de l'insérer sur un arbre de boite neuf.


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